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Combien vend et gagne un écrivain ?

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Voyons par quels truchements un écrivain peut-il vendre ses livres…

Listons d’abord les différentes possibilités de publier un livre :

  • la très grosse maison d’édition classique qui publie 80 à 100 livres par mois, par exemple Gallimard
  • la moyenne maison d’édition qui publie 100 à 150 livres par an
  • la petite maison d’édition qui publie en moyenne 30 livres par an
  • la maison d’édition à compte d’auteur
  • la maison d’édition alternative ou prestataire de service
  • l’autoédition

 Ensuite nous verrons combien un écrivain peut gagner d’argent.

La grande maison d’édition

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C’est le Graal que recherche tout auteur : être publié dans une maison d’édition, de préférence une maison prestigieuse dont on trouve les livres dans toutes les librairies.

Mais est-ce vraiment le Graal ou est-ce un mirage ?

Imaginons que je suis une grande maison d’édition.

Comment je fonctionne ?

Comme je suis une grande maison d’édition, j’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de charges fixes (loyers, taxes…), beaucoup de frais de personnel : correcteur, maquettiste, photographe, illustrateur, graphiste, directeur de collection, directeur artistique, média-planner, opérateur en PAO, secrétaire d’édition, ET le distributeur qui prend un gros pourcentage (au moins 30 %)…

Je dois absolument rentabiliser mon entreprise.

Donc je publie 80 à 100 livres par mois, soit environ mille livres par an.

J’ai la chance d’avoir dans mes auteurs un Gilles Legardinier ou un Marc Levy, un Guillaume Musso ou un Michel Bussi (840 000 livres vendus en 2014). Ça fait tourner la boutique, mais ce n’est pas toujours suffisant, les ventes sont parfois aléatoires.

Heureusement, nous ne sommes que quelques maisons d’édition à nous partager les prix prestigieux comme le prix Goncourt, à tour de rôle, ce qui m’assure de gagner quelques millions d’euros tous les 2, 3, 4 ou 5 ans.

http://academie-goncourt.fr/?article=1229180042

Pour les années « creuses », nous nous partageons les autres prix. Ça rapporte un peu moins mais cela nous assure des rentrées plus régulières.

Bon, allez. Je vous dévoile ma stratégie…

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Je fais gagner quelques prix littéraires à quelques dizaines d’auteurs histoire de booster les ventes. Au minimum, la plupart des médiathèques les achèteront et ils seront un peu plus facilement acceptés et mis en vitrine par les libraires.

Pour les autres… je vais les faire imprimer à 200 ou 300 exemplaires. En tout cas pas plus de 500 exemplaires.

Ils seront référencés sur mon site et mis en vente sur des plates-formes de vente en ligne comme Amazon ou la Fnac.

Pas de librairie pour eux : les libraires préfèrent les auteurs connus ou les livres primés. Ils ont peu de place dans leur librairie et doivent vendre un maximum pour rentabiliser leur affaire. Alors les auteurs inconnus, pas question.

De même, pas besoin d’envoyer d’exemplaires aux journalistes ou aux blogs influents, ils sont sur-sollicités. Mes auteurs inconnus n’ont aucune chance d’être remarqués.

J’enverrai donc en librairie uniquement les auteurs les plus connus et qui ont fait au moins un plateau télé ou quelques émissions radio, donc ceux qui ont le plus de chance d’être vendus, ou alors ceux qui ont reçu un prix.

Pour les autres, que la chance soit avec eux. Ils doivent faire eux-même leur promotion. Je n’ai pas le temps de m’occuper de 100 auteurs chaque mois. Avec la famille et l’entourage de chaque auteur, le petit bouche-à-oreille qui va se générer et le prestige de mon nom d’éditeur, ça va bien se vendre au moins à 200 ou 300 exemplaires ; ça me remboursera tout juste les frais engagés pour leur livre.

Si l’un d’eux a la chance d’en vendre, euh, allez, disons plus de 500 exemplaires, je le publierais à nouveau. Il aura un passé, ça fait plus sérieux. Peut-être que je lui ferais gagner un petit prix littéraire histoire de booster ses ventes.

La moyenne maison d’édition

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Je suis maintenant une moyenne maison d’édition. Je publie entre cinquante et cent livres par an.

Nous sommes une petite structure mais nous avons un petit réseau de libraires qui nous font confiance. Ils lisent la plupart de nos auteurs et quand ça leur plaît, ils savent vraiment les mettre en avant.

Nous sommes souvent spécialisés dans un seul domaine comme les vampires ou la fantasy.

Certains de nos auteurs peuvent dépasser les mille exemplaires vendus.

C’est sûr que ce n’est pas ça qui va nous rendre riches, l’auteur non plus, mais nous nous battons pour promouvoir chaque livre.

C’est notre passion et il en va de l’existence même de notre petite entreprise.

La petite maison d’édition

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Maintenant, je suis une petite maison d’édition. Bien souvent, je suis une association pour bénéficier des exonérations fiscales.

Nous sommes 2 personnes mais je suis seul à avoir toutes les casquettes : faire tourner l’association, lire les livres, les corriger (un correcteur professionnel, c’est trop cher), faire les démarches légales, mettre les livres en ligne sur Amazon, la Fnac, sur mon propre site (que personne ne visite à part peut-être les auteurs eux-mêmes)…

Nous publions une trentaine de livres par an en moyenne. C’est notre deuxième année d’existence.

Nous n’avons pas de budget promotion. Nous faisons 5 à 10 salons du livre par an, mais nous laissons surtout le soin aux auteurs de faire leur promotion et les salons du livre eux-mêmes.

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Nous leur proposons donc de leur vendre des exemplaires de leur livre à prix d’auteur, par exemple moins 10 % ou moins 15 % par rapport au prix de vente.

Nous n’avons pas le temps pour la promotion. Il ne faut pas oublier que nous avons notre propre activité salariée à côté ainsi qu’une famille à nous occuper.

Pour l’année prochaine, il faudrait que nous passions à au moins quatre-vingt livres publiés à l’année : cela nous fera des cotisations en plus (car pour bénéficier des exonérations fiscales, nous faisons payer une cotisation annuelle à tous nos auteurs).

Chaque livre va se vendre environ dans les cinquante exemplaires sur la première année grâce aux réseaux de l’auteur.

Plus on augmente notre catalogue, plus nous aurons d’argent pour faire fonctionner l’association et nous verser à mon associé et moi jusqu’à trois tiers de SMIC en plus du remboursement de nos frais. C’est notre objectif pour commencer, mais aussi le maximum que l’on puisse tirer de l’association.

Nous sommes de plus en plus rodés et malins : nous refusons les trop longs textes car trop longs à lire, corriger et mettre en page.

Nous refusons aussi les livres pour enfants, il y a trop de dessins en couleur : ce n’est pas rentable à faire imprimer.

money-1428594_1920 Bientôt, nous sous-traiterons la mise en ligne des livres sur les sites de vente. Ça nous coûtera à peu près 10 % du chiffre d’affaires mais on gagnera énormément de temps, donc on pourra faire signer davantage de contrats à davantage d’auteurs. Le temps, c’est de l’argent ! 

Les auteurs, eux, sont contents, car après des dizaines de refus d’autres maisons d’édition, ils sont enfin édités chez nous, ils n’ont pas eu à s’occuper des démarches administratives, leurs livres sont en vente sur internet (bien que noyés parmi des millions d’autres livres). Ils sont bien contents d’avoir un nom de maison d’édition sur leur couverture de livre. Ça le fait !

computer-1053811_640 Pour l’auteur, tout est gratuit et il reçoit 6 % du prix de vente hors taxe de son livre en droits d’auteur, environ 15 % pour les ventes d’ebook.

Pour tout le monde, c’est gagnant-gagnant.

Notre évolution ?

Sans doute faire moins de salons car c’est une activité trop chronophage et coûteuse, entre le prix du salon, les frais de trajet, d’hôtel, de repas… Et mettre ce temps sur la publication d’encore plus de livres.

L’autre petite maison d’édition

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Maintenant, je suis une autre sorte de maison d’édition montée en association.

Je suis passionné de littérature.

J’affectionne et ne publie qu’un seul genre particulier, par exemple la fantasy ou alors les livres avec uniquement des histoires de vampires.

Je publie 5 à 8 livres par an.

C’est peu, mais les auteurs sont contents car ils ne sont pas noyés dans la masse.

Bien sûr je n’ai pas de budget promotion mais je fais une quinzaine voire plus de salons du livre, j’organise pas mal de séances de dédicaces pour mes auteurs.

Je fais mon possible pour que les livres soient parfaits, je fais même appel à un illustrateur pour les couvertures de romans.

On commence à se faire une petite réputation même si financièrement on ne s’y retrouve pas encore tout à fait. Tout le monde est content et c’est l’essentiel.

La maison d’édition à compte d’auteur

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Maintenant je suis une maison d’édition (à compte d’auteur mais je ne le crie pas sur tous les toits).

Sur mon site, n’importe quel visiteur est persuadé avoir affaire à une vraie maison d’édition classique. Aucun tarif ni aucune mention de paiement nulle part.

Quel que soit le texte que je reçois, sauf cas rare, j’accepte le texte, je flatte l’auteur, quel texte admirable ! Puis je lui propose un contrat. L’auteur est ravi.

Mais cela a un coût : l’équipe éditoriale, les corrections à faire sur le texte (en fait le texte, dans le meilleur des cas, est parcouru en diagonale ; on n’a pas le temps de faire mieux) : selon mon feeling avec l’auteur, et d’après nos échanges de mail, j’estime la force de son ego, je vais alors lui demander de participer à hauteur de 1500 euros et jusqu’à 5000 ou plus si l’auteur est suffisamment naïf ; et je lui offre même 100 exemplaires de son livre. À ce prix-là !

Si l’auteur paie, c’est qu’il a les moyens, il n’a quand même pas hypothéqué sa maison, sinon c’est que son ego est si démesuré que ça en deviendrait un cas clinique.

Mon activité est très rentable. Je ne fais aucun mal. Euh, si, peut-être un peu, quand par exemple je cache le montant du prix à payer, dans un grand tableau où je mentionne les coûts de publication. L’auteur ne se rend même pas compte qu’en signant le contrat, il s’engage à payer 2500 euros !

L’autre maison d’édition à compte d’auteur

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Maintenant, je suis une personne déclarée en société ou association. Je déclare être une maison d’édition et ne fais pas payer les auteurs. Mais comment vit ma société ? L’astuce ?

Je propose des droits d’auteur : 1 % jusque cent livres vendus, 2 % à partir de deux cents, etc. jusque 10 %.

J’impose une souscription : cela veut dire que je ne lance aucune impression de livre tant que l’auteur n’a pas prévendu lui-même un certain nombre de livres auprès de son entourage et son réseau. Le nombre est déterminé sur le contrat que l’auteur aura signé avec moi, entre deux cents et trois cents livres au minimum.

Quand j’encaisse le chèque de la part de l’auteur, avec le montant des préventes imposées : en moyenne 5000 euros (250 livres à 20 euros pièce), alors je commence mon travail :

Je corrige le livre avec un correcteur orthographique qui ne repère qu’une partie des fautes et j’annonce, pour rassurer les auteurs, que je fais appel à plusieurs correcteurs humains ainsi qu’à des maquettistes.

Je fais très peu, voire aucune promotion pour vendre les livres de mon catalogue. Pas besoin d’en faire trop puisque les auteurs se bousculent chez moi.

De plus comme je fixe un prix du livre un peu plus élevé que nécessaire, je m’assure ainsi une meilleure marge de bénéfice. Mon chiffre d’affaires est alors assuré.

Et pour assurer ma pérennité, j’impose par contrat que l’auteur soit lié à ma maison d’édition pour ses 3, 4 ou 5 prochains livres.

Les prestataires de services

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Maintenant je suis un prestataire de services.

Je fonctionne un peu comme une maison d’édition à compte d’éditeur mais je facture certaines prestations comme la correction par exemple, 5 euros la page (donc pour un livre de 250 pages : c’est 600 euros).

Une couverture personnalisée coûtera à l’auteur 100 à 400 euros.

Je ne suis pas en reste d’idées d’options payantes, comme les kits pour salons (par exemple marques pages + cartes de visite + affiches), ou la mise en ligne du livre…

Mon affaire est assez rentable, je n’ai pas à me plaindre.

Les auteurs se bousculent chez moi pour avoir mon nom d’éditeur inscrit sur leur couverture.

En prime, je ne leur laisse que 10 % de droits d’auteur. Beaucoup plus si leur livre se vend sur mon site mais les frais d’envoi sont si exorbitants que personne n’achète.

L’autoédition

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Maintenant, je suis auteur indépendant.

Soit je reporte le montant de mes ventes de livres sur ma feuille d’impôts (catégorie BNC), soit je suis micro-entrepreneur (anciennement auto-entrepreneur).

Pour me faire connaître et vendre mes livres, je fais des séances de dédicaces dans des librairies ou espaces culturels, je participe à des salons du livre.

J’ai un blog et une page Facebook.

J’ai fait imprimer mon livre chez un imprimeur (j’ai comparé les devis des imprimeurs en ligne avec ceux de là où j’habite), si je prends un nombre minimum de livres, l’imprimeur s’occupera même des ISBN et dépôt légal à ma place.

J’ai fait imprimer des marque-pages et des cartes de visite sur un site en ligne, ça reste abordable.

C’est un peu galère, c’est chronophage, mais je suis content, c’est si valorisant quand on réussit à vendre un livre ou qu’on reçoit une belle critique.

CONCLUSION

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De nombreux éditeurs se disent maison d’édition alors que ce n’est pas le cas. Comment les reconnaître ?

FUYEZ SI :

– On vous demande de l’argent (sauf dans le cas d’un prestataire, dans ce cas les tarifs seront raisonnables).

  • On vous impose une prévente de vos livres (avant donc qu’ils ne soient imprimés) auprès de votre famille et vos réseaux pour percevoir 10 % du prix de votre livre alors que vous pourriez tout avoir puisque c’est vous qui faites le boulot.

  • On ne vous permet pas d’acheter vos propres livres avec au moins 30 % de remise. Un libraire prend en moyenne 25 à 30 % de commission. Si vous n’avez pas 30 % de remise auprès de votre éditeur, alors vous vendrez à perte chez le libraire.

  • On n’effectue pas de dépôt légal ni attribution ISBN.

  • On ne vous propose pas de droits d’auteur d’un minimum de 8 % dès le PREMIER livre papier vendu, et 20 % minimum pour un ebook.

Attention : les profils d’éditeurs présentés sont, bien que réels, non représentatifs dans la mesure où vous pouvez très bien tomber dans une maison d’édition qui prendra réellement à cœur la promotion de votre livre.

Et maintenant quelle est la part du gâteau ?

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Maison d’édition à compte d’éditeur

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Vous signez avec une maison d’édition classique. Combien allez-vous percevoir ?

Dans la majorité des contrats, vous percevrez entre 6 % et 12 % du prix hors taxe de votre livre.

Pour un premier roman, vous aurez de la chance si vous avez 8 %.

Pour un livre broché vendu vingt euros, vous percevrez donc 1,89 euro.

Pour un livre poche vendu six euros, vous percevrez 31 centimes.

Donc pour que l’auteur gagne environ mille euros, la maison d’édition devra vendre en moyenne 530 livres brochés ou 3226 livres de poche… à cela (1000 euros) l’auteur devra déduire un peu plus de 9 % qu’il devra verser à l’agessa (enfin c’est plutôt l’éditeur qui va se charger de les déduire et de les verser à l’agessa car quand on parle de 10 % de droits d’auteur, ce sont 10 % bruts).

Attention, certaines maisons d’édition ne proposent même 4 % dans le cas de livres pour enfants par exemple. Ça fait peu…

Alors, réfléchissez : cela vaut-il vraiment la peine de passer par eux ?

Maison d’édition à compte d’auteur

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Comme il est dit dans le titre, l’édition est à compte d’auteur donc c’est prélevé sur votre compte à vous.

Combien pouvez-vous espérer gagner avec ce genre de partenaires ?

Une dépense de quelques milliers d’euros pour une centaine d’exemplaires de votre livre qui, dans 90 % des cas, ne sera même pas corrigé ni mis en page correctement.

Il vous reviendra beaucoup, beaucoup, beaucoup moins cher de passer directement par un imprimeur professionnel.

Imaginez combien ce genre de maison va devoir vendre de livres pour que vous puissiez rentrer dans vos frais ? Les 1500 ou 2500 euros que vous avez donné à cette maison, et qui vous reverse en échange 10 ou 20 % de droits d’auteur ? 1000 livres à 20 euros ?

Le prestataire de services

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Comme nous l’avons vu précédemment, tout dépend des options proposées.

Le plus judicieux étant que vous restiez maîtres de vos droits d’auteur car dans le cas contraire, vous seriez dans un mixte de maison d’édition à compte d’éditeur et maison d’édition à compte d’auteur.

Non seulement vous n’auriez en moyenne que 10 % de droits d’auteur, mais en plus il vous faudra payer (souvent au prix fort) la correction de votre livre, sa mise en page, le droit de mettre sa propre couverture, etc., et vous ne pourrez pas choisir le prix de vente de votre livre qui très souvent sera majoré pour assurer une meilleure marge au prestataire.

Autant être maître d’oeuvre : vous choisissez les options après avoir comparé les prix et la qualité auprès de concurrents de chaque secteur ET vous restez maître des droits de votre livre.

Donc comparez bien les différentes options des différents prestataires.

Et rappelez-vous, quelle que soit la maison d’édition, en tant qu’auteur inconnu, vous n’aurez pas votre livre dans les rayons d’une librairie, à moins de démarcher vous-même le libraire.

frogs-1407321_640Chers auteurs en herbe et en crustacé, je vous dis à très bientôt sur                                                                                               vendresonlivre.com

Exceptionnellement, cet article est extrait du livre Comment vendre son livre ? Assurez-vous un maximum de ventes grâce à notre guide sur l’autoédition que vous trouverez sur Amazon (en cliquant sur cette phrase orange).

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Prochain article le 17 mars 2017

 

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